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** Pagny-La-Blanche-Côte **
Côte sur le Preye
Résultats d'une 2e visite le 22 mai 2008

Lors de la première visite de la Côte sur le Preye, au mois de mai 2007, seule une partie des espèces d'araignées thermophiles vivant sur les pelouses calcaires lorraines a pu être observée. Le but de cette nouvelle excursion était donc d'en compléter la liste. Comme en 2007, la première espèce récoltée au parapluie a été le saltique Marpissa nivoyi. Le saltique de Sloane, Philaeus chrysops, et les terriers d'Eresus cinnaberinus n'ont pas tardé à être repérés. Au contraire de l'année précédente, quelques tuyaux d'Atypus sp. ont été découverts.

Deux autres espèces qui n'ont pas été observées l'an dernier mais dont la présence, vu les conditions du site, était probable, sont les deux saltiques Ballus rufipes et Synageles hilarulus. Cette fois-ci, nous avons pu les trouver en plusieurs spécimens sur la Côte sur le Preye.
Ballus rufipes und Synageles hilarulus
Photo: Ballus rufipes (à gauche) et mâle et femelle de Synageles hilarulus (à droite)
 

Ce qui, par contre, nous a beaucoup surpris, c'est la découverte d'un autre saltique, Chalcoscirtus nigritus, très petite espèce d'un noir luisant. Elle n'était pas encore connue pour la grande région de Sarre-Lor-Lux (-> répartition en Allemagne).
Pour le nord de la France, il existe des indications crédibles (photos) selon lesquelles l'espèce est présente dans la vallée de la Marne près de Paris et au sud-est de Rennes en Bretagne. Cependant l'espèce est difficile à distinguer de sa jumelle Chalcoscirtus infimus quand la forme extérieure des pédipalpes ou des chélicères du mâle ne sont pas visibles. (répartition
en France: -> Charenton/Paris, -> Janzé/Bretagne)

Chalcoscirtus nigritus
Photo: Chalcoscirtus nigritus, un saltique rare
 
Phrurolithus nigrinus

Photo: Phrurolithus nigrinus, petite araignée ressemblant à une fourmi, classée aujourd'hui parmi les Corinnidae

L'aire de distribution principale de cette espèce se trouve dans le midi de la France. Elle a été observée plus au nord dans la région du Lac de Constance en Allemagne (coll. J. Kiechle) et dans le Jura suisse (Baur et al.).



L'araignée suivante s'est déjà fait remarquer dans les excursions précédentes, sur la Côte Blanche ainsi que sur la Côte sur le Preye. Elle ressemble beaucoup à l'espèce sylvicole vivant sur l'écorce, Theridion mystaceum, ou à celle habitant les murs des maisons et les parois rocheuses, Theridion melanurum. Ces deux espèces sont en général très répandues, leur détermination cependant est très difficile, leurs parties génitales étant minuscules.
Les spécimens de Pagny-la-Blanche-Côte ont été secoués des pins isolés (visibles sur les photos du site) et sont remarquables par leur taille qui correspond à celle de grands spécimens de Th. melanurum, tandis que Th. mystaceum est nettement plus petite.
Les macro-photos de l'épigyne montrent deux orifices (ressemblant à une prise électrique) qui distinguent l'espèce des deux autres, Th. mystaceum et Th. melanurum. Ces caractères font penser à l'espèce rare Theridion betteni ou à une nouvelle espèce de Belgique qui n'a pas encore été décrite et qui figure dans l'édition néerlandaise du guide de ROBERTS (resp. A. Noordam) (d'autres photos:-> ici)

Theridion sp.
Theridion sp.
Photo: Theridion sp.
C'est après la découverte d'une telle bestiole que tout entomologiste finit par se rendre compte des qualités exceptionnelles d'un tel site.
La larve du coléoptère Drilus concolor fait pâlir tous les squatteurs dans le monde des humains. Pour les détails, voir le guide des insectes de H. BELLMANN (1999).
Phymata crassipes Drilus concolorPhoto: Drilus concolor, larve de coléoptère se nourrissant d'escargots
Photo: Phymata crassipes
Cette excursion nous a conduits dans un passé lointain de la planète Terre, car nous marchions là où il y avait le fond de la mer jurassique. Les pentes de la Meuse sont formées de calcaires du Jurassique supérieur, autrement dit du Jura blanc (Malm inférieur, ou étage de l'Oxfordien). Les fossiles trouvés dans les éboulis en bordure des chemins, tels les coquilles de Nerinea (ou Cossmannea), en témoignent.
Nerinea sp.
Photo: Nérinées, fossiles du Jura blanc

Parmi les fossiles pétrifiés s'ébattaient des fossiles aussi anciens, mais toujours vivants, à savoir des insectes primitifs de l'ordre des Archaeognatha, de la famille des Machilidae. Dessin, forme et disposition des ocelles ont permis de les déterminer: Dilta hibernica et Lepismachilis y-signata.

Dilta hibernica versus Lepismachilis y-signata
Photo: les Thysanoures, insectes primitifs aptérygotes, Dilta hibernica (à gauche) et Lepismachilis y-insignita (à droite)


D'autres espèces remarquables:
Cette année, la punaise écuyère Lygaeus equestris ainsi que Tropidothorax leucopterus n'ont pas manqué à l'appel. On a même pu observer le petit Horvathiolus superbus. Les criquets géophiles Oedipoda et Calliptamus n'étaient encore qu'au stade larvaire, minuscules, quoique l'excursion de cette année ait eu lieu un mois plus tard que celle de l'an dernier. Très nombreux étaient les jeunes, relativement grands déjà, du dectique verrucivore, Decticus verrucivorus, qui est plutôt rare sur les pelouses xérophiles en Lorraine.

Copium clavicorne
Photo: Copium clavicorne, punaise thermophile mesurant 3-4 mm, de la famille des Tingidae, vivant sur Teucrium chamaedrys
 
Literature:
BAUR, B., J. JOSHI, B. SCHMID, A. HÄNGGI, D. BORCARD, J. STARY, A. PEDROLI-CHRISTEN, G.H. THOMMEN, H. LUKA, H.-P. RUSTERHOLZ, P. OGGIER, S. LEDERGERBER & A. ERHARDT (1996): Variation in species richness of plantes and diverse groups of invertebrates in three clacareous grasslands of the Swiss Jura mountains. - Rev. Suisse Zool. 103 (4): 801-833; Genève.
 

_____________________________________________________________________________________A. Staudt & U. Heseler

La première visite (seulement en allemand)